Salle de Presse
Le 2 octobre 2007
À la mémoire de Frank Cassidy
Nous avons l'immense regret d'annoncer le décès de notre collègue, associé et ami, Dr Frank Cassidy. Nos plus sincères condoléances, nos pensées et nos prières à sa femme Carol et à ses filles Amy et Megan. Frank est décédé à son domicile dimanche dernier, en compagnie de sa femme, à la suite de problèmes de santé causés par une crise cardiaque qui l'a frappé au début de l'année 2004.
Le lien entre Frank et le Centre était des plus étroits. Son énergie débordante et sans limites a contribué à la mise sur pied de l’organisme. En collaboration avec Satsan, Frank a élaboré le premier cadre conceptuel du Centre, qui a ensuite servi de fondation sur laquelle nous avons tous travaillé et travaillons encore aujourd’hui. Le Centre national pour la gouvernance des Premières nations est le résultat de ce travail. Selon Satsan, « nous avons travaillé si étroitement, de la vision originale du centre jusqu'à son implantation, qu'il est selon moi cofondateur de cet organisme national ».
Frank laisse derrière lui un important héritage de connaissances et de travaux sur les questions autochtones contemporaines. Il fut un pionnier dans le monde universitaire en reconnaissant les droits, le titre et la gouvernance des Autochtones. Il a de plus écrit plusieurs livres et articles sur lesquels les professeurs, les étudiants en droit et même les tribunaux s'appuient encore dans leurs travaux.
Bien avant que les universités canadiennes reconnaissent l'apport que les Premières nations pouvaient apporter à leurs établissements, Frank est sorti des sentiers battus en créant le programme d'administration des gouvernements autochtones de l'Université de Victoria, où il enseignait à l'école d'administration publique.
Cet homme était profondément épris de justice et rêvait de réconciliation entre les peuples autochtones et les Canadiens. Lorsqu’il était membre de l'équipe juridique des Wet'suwet'en, il a prodigué de précieux conseils aux chefs héréditaires et aux conseillers juridiques sur la manière de structurer l’argumentation utilisée dans l’affaire Delgamuukw-Gisday'wa, où les Premières nations ont connu un grand succès en Cour suprême.
Frank était aussi un père de famille dévoué à ses deux filles et à sa femme Carol. Il a vécu pendant de nombreuses années en territoire Gitxsan, dans la vallée de Kispiox, où il a élevé sa famille et travaillé avec les nations Gitxsan et Wet'suwet'en.
En dehors de son travail incessant, d'autres facettes de Frank nous ont laissé de nombreux souvenirs inoubliables. On se souviendra de son amour du Jazz, des tapis gabbeh tissés par des tribus des déserts de l'Iran, des cigarettes turques, de l'art autochtone de la côte Ouest, de son chalet dans la vallée de Kispiox, de la cuisine française maison et des sérénades qu'il chantait à ses amis et à sa femme dans les halls d'hôtels et sur la rue. Sa vivacité d'esprit, sa spontanéité, son humour, sa grande intelligence, ses cheveux constamment en bataille et, surtout, son sourire et son rire magnifiques seront à jamais gravés dans notre mémoire.
Frank, tu nous manqueras énormément.
LE CENTRE NATIONAL POUR LA GOUVERNANCE DES PREMIÈRES NATIONS